Guerre, migration, accueil : de crise en crise

En 2015, l’afflux de plus d’un million de personnes aux portes de l’Europe sort l’Occident de sa torpeur et le force à s’engager envers cette déferlante.

Crédits photo : Michel Huneault

Le 18 octobre à 12 h 15, dans le cadre du vernissage de l’exposition Occident Express de Michel Huneault, la Maison du développement durable présente la conférence « Guerre, migration, accueil : de crise en crise - Chercher un pays en perdant le sien », de Sarah R. Champagne, journaliste au Devoir et indépendante, en collaboration avec Amnisitie internationale Canada francophone. À partir de récits et de données factuelles, celle-ci dressera une mise à jour de la crise migratoire qui perdure et de son contexte.

En 2015, l’afflux de plus d’un million de personnes aux portes de l’Europe sort l’Occident de sa torpeur et le force à s’engager envers cette déferlante.

Les migrants morts dans des naufrages, et les vivants qui sillonnent les routes migratoires qui se sont formées, entrent alors de plain-pied sur l’écran radar médiatique. Les journalistes les suivent à travers les Balkans, s’embarquent sur leurs bateaux de fortune, entrent dans leurs cellulaires, leurs camps et leurs vies. Le grand public stupéfait se lance tantôt dans un élan de solidarité, tantôt dans un repli sécuritaire.

Ces réactions se côtoient et se succèdent aussi sur la scène politique. De la main tendue par l’Allemagne et du « nous allons y arriver », lancé par la chancelière Angela Merkel au début de la crise, à l’entente entre la Turquie et l’Union européenne qui prévoit des renvois, c’est aussi une crise de l’accueil qui se dessine.

Le Canada remplit quant à lui sa promesse d’accueillir 25 000 Syriens, une infime fraction des 4,8 millions de réfugiés de ce pays. Les nouveaux arrivants et ceux déjà établis ici sont certes soulagés, mais plus d’un an après le sommet de cette crise, ils craignent de retomber dans l’oubli. Il est surtout long de renouer avec l’avenir et la paix, quand le déracinement va au-delà de l’affliction individuelle. Sur les routes migratoires, des milliers cherchent toujours un pays. Tous ont l’impression d’avoir perdu le leur, la Syrie.

Assister à l'événement 

Durée : 2 h. Contribution suggérée : 5 $. Pour réserver : lamdd.org/RSVP

À propos de l’exposition

Occident Express est un essai photographique produit pendant le mois de septembre 2015, lors de l'accélération subite de la crise migratoire en Europe alimentée par l'appel favorable d'Angela Merkel aux réfugiés. Michel Huneault y a documenté la route rapide des Balkans qui a alors pris forme spontanément, et sans coordination, pour amener les migrants à travers la « forteresse Europe » vers l'accueillante Allemagne. Dans ce travail effectué dans six pays, Huneault se concentre sur l'expérience vécue dans les points de jonction – et parfois de congestion - qui continuent aujourd'hui de ponctuer ce pèlerinage historique : gares de train, postes frontaliers, camps de réception ou de transition. Malgré le resserrement des frontières qui a depuis suivi, le temps nous dira si Occident Express a documenté une anomalie historique ou une nouvelle tendance à long terme, plus juste et durable pour tous. 

Merci!

La Maison du développement durable tient à remercier l'artiste, les conférenciers, le Conseil des arts et des lettres du Québec, le Centre Sagamie, Amnisitie internationale Canada francophone, COPTICOM, Novae, le Journal Métro ainsi qu’Alcoa, son partenaire principal à la programmation. Les émissions de gaz à effet de serre liées au transport des participants de la programmation 2016 sont compensées grâce à un partenariat avec Planetair.

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